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Résumé des réponses aux questions qui m’ont été posées lors d’une intervention sur une radio locale le 28 avril 2009
Généralités.
L'économie de marché mondialisée (le capitalisme mondialisé) vient de montrer ses limites et sa dangerosité. Le capitalisme est tout nu et n’est pas beau à voir. Cette crise est difficile pour tout le monde. Surtout pour celles et ceux qui en font les frais par les nouvelles vagues de licenciements et d’abaissement des conditions de vie. Mais cette crise peut aussi être l’occasion de rebondir, de repartir sur de nouvelles bases et constituer le liant pour façonner une vraie démocratie citoyenne, responsable et solidaire, un contrôle citoyen sur l'économie. Il faut entraver la route aux « Reynders » qui estiment qu’à partir de maintenant ce sera comme avant, que la crise est une erreur de parcours, un ajustement conjoncturel. Il faut reprendre la barre non seulement pour poursuivre la lutte contre la destruction des outils publics, les acquis sociaux, la solidarité, mais aussi en prenant le cap vers une économie centrée sur l’homme parcimonieuse des ressources naturelles planétaires.
Questionnaire à titre indicatif pour les émissions en vue du scrutin électoral du 7 juin 2009.
1. Emploi
Le plan Marshall est-il une réussite au regard du nombre d’emplois créés et aux moyens financiers mis en œuvre sinon voyez-vous une opportunité de créer de l’emploi tant au niveau du secteur social que ceux de l’enseignement et des services publics ?
1. Emploi
« Le Plan Marshall est une stratégie concertée. Une dynamique qui ambitionne de rompre avec nos faiblesses et qui, pour ce faire, entend s’appuyer sur nos atouts.
Nous avons des terrains disponibles pour l’expansion économique, nous avons de la main-d’œuvre qualifiée, un réseau de routes et de voies de communication parmi les plus denses d’Europe, une situation géographique exceptionnelle, etc. »
« Pour tirer profit de ces atouts au mieux, nous devons faire preuve de sélectivité. Le
plan Marshall c’est dès lors 5 axes, interdépendants, à la fois forts et ciblés » :
la création de 5 pôles de compétitivité, dans lesquels la Wallonie affiche de bonnes performances et souhaite devenir leader à l’échelle internationale ;
le soutien à la création d’activités : aider les projets porteurs et les personnes qui ont des idées ;
l’allègement de la fiscalité sur l’entreprise et la suppression de la fiscalité anti-économique pour rendre laRégion plus attractive pour les investisseurs ;
l’encouragement à la recherche et à l’innovation ;
l’accentuation de la capacité de formation professionnelle.
Ce dernier axe de formation est fort contestable alors que de l’époque n’est pas si loin où la Communauté française supprimait par milliers les postes d’enseignants. Hormis cela, que reste-t-il? Des aides au capital privé encore et encore. La même « panacée » utilisée depuis 30 ans par l’Etat. Pôles de compétitivité. Dans « compétitivité » il y a compétition. Donc on ne change rien. Les mêmes recettes que lors de l’utilisation des 6 milliards des fonds européens Objectif 1 pour le Hainaut. Les aides ont parfois même servi à délocaliser d’une province à une autre. On a refait un peu les villes et nettoyé les friches industrielles laissées à l’abandon des mêmes capitalistes qui ont pollué sans compter. En exemple, le groupe pharmaceutique UCB, piloté par le baron Daniel Janssen qui figure au palmarès des plus riches patrons de Belgique a bénéficié de la manne du plan Marshall allouée au pôle «sciences du vivant». Sa société, UCB, vient de décider la suppression de deux mille emplois dans le monde, dont un quart en Belgique. Le plan Marshall (axe 2) a dégagé environ dix millions d’euros pour assainir les 24 Ha du site goudronné de l’ancienne usine de l’UCB, situé à cheval sur les communes du Roeulx (Ville-sur-Haine) et de Mons (Havré), un des quinze sites les plus pollués de Wallonie.
Le Plan Marshall se solde par la création d’environ 27.000 emplois pour 1,2 milliards d’euros « investis », soit 44.000 euros par emploi créé. C’est un peu cher. Accorder des cadeaux au privé pour investir en Wallonie, voilà le leitmotiv. L’économie de marché (le capitalisme), c’est la lutte concurrentielle. Sauf qu’il faut capter et cajoler les capitaux étrangers. «Déduction pour capital à risque» (le nom officiel des intérêts notionnels) (Voir Reynders). Comme la question se posait déjà pour le FEDER au Hainaut, les financements consentis au patronat s’accompagnent-elles de garanties de l’emploi et le maintien dans le temps des activités ? La crise actuelle démontre que non.
Le plan Marshall bis à connotation « High tech » deux point zéro (2.0) est présenté comme « l’inscription de la Wallonie dans la révolution énergétique » favorisant « les circuits courts » ce dont on ne peut que se réjouir. La majorité sortante envisage une sorte de pilotage en faisant appel, pour en former le comité, à des experts indépendants de renommée internationale. Ces experts seront-ils extirpés du lot des 1000 chercheurs engagés par le biais du plan Marshall number one ? où des universités ? Si c’est le cas, l’indépendance des experts mérite expertise. Le Parlement wallon enfante avec Bruxelles le Parlement de la Communauté française (CF) qui a les réseaux d’enseignement dans ses attributions. C’était déjà faire affront à sa fille pour ce qui est de la connaissance des langues qu’elle na pas pu enseigner. Idem pour le Forem en ce qui concerne la formation professionnelle. Le comble c’est dans le secteur de la recherche. La CF, parent pauvre dans ses missions essentielles comme l’enseignement, la culture, l’audio-visuel et le soutien à l’éducation permanente, se voit sucrer ses prérogatives. Les universités sont dépendantes pour leur fonctionnement du sponsoring privé à hauteur parfois de 70%. Comment garantir l’indépendance d’un expert (qui en est issu et salarié) de dresser un rapport sur une étude d’incidence à propos de l’installation d’une filiale d’une multinationale qui contribue à une bonne part de son salaire ? Le recteur aura tôt fait de lui signifier l’utilisation de la pédale douce.
En 1995, les communistes avaient déjà publié un plan de création d’emplois qui s’intitulait « Refinancer le secteur public, réduire le temps de travail, centrer la croissance sur l’homme ». Sur ce thème, il n’y a rien à changer.
Le système économique actuel sévit depuis 30 ans et c’est 30 années de crises et dans les année 90, ce n’est pas l’équipe Dehaene-Di Rupo qui a changé les choses favorablement avec le Plan global et encore moins l’arrivée des néolibéraux avec M.Reynders au ministère des finances depuis 10 ans. Le taux de chômage est de 20% à Bruxelles et plus de 16% en Wallonie. Après les employés de bureau, de l’administration c’est au tour des travailleurs de la construction.
Il faut imposer une nouvelle logique de croissance (ou de développement) qui dépasse le système économique actuel qui se base sur la financiarisation et l’accumulation des profits par tous les moyens. Mais cela appartient plus aux niveaux supérieurs du pouvoir politique.
Sur le plan régional, ce ne sont pas les besoins insatisfaits qui manquent. Les régions ont un besoin pressant d’une politique de transport en commun cohérent, non seulement en élargissant en Wallonie le parc du TEC (actuellement 240 millions de passagers) avec des bus adaptés en taille suivant les sites de roulage, voire des trolleybus (Le trolleybus roule sur pneumatiques mais il est propulsé par un moteur électrique alimenté par un bifilaire aérien de contact). En alternative au « tout à la route », la région doit se doter d’un réseau de trains légers desservant non seulement les grandes agglomérations mais aussi les agglomérations entre elles. Pour ce qui est du transport des marchandises, la part du lion revient au transport routier (plus de 70%), le reste est également partagé entre les voies fluviales et ferrées. La RW s’est dotée de ports autonomes à Liège, Charleroi et le PACO (Centre-ouest en Hainaut). Elle vient de confier le traitement et la valorisation des boues de dragages des cours d’eau à une société privée. Les bateaux pourront enfin être chargés à plein au lieu de souvent les 2/3 actuellement. Le transport multimodal est une alternative au transport routier. Pour être efficace, il est impératif d’en tenir compte lors des projets d’expansion des zonings industriels et commerciaux.
2. Chômage
La politique d’activation des chômeurs est –elle une bonne chose vu le manque d’emplois crucial qui se fait d’autant plus sentir que la crise économique s’installe aussi bien dans le secteur financier que dans le secteur industriel ?
2. Chômage
Le Plan d’activation des chômeurs doit être abandonné puisqu’il n’a en réalité pour seul but que de sanctionner les chômeurs en les revoyant vers l’aide sociale (CPAS) dont la bonne part des coûts est à charge des communes ou vers des moyens de subsistance moins légaux. Cette chasse aux chômeurs est d’autant plus inacceptable que la crise actuelle jette sur le carreau des milliers des travailleurs et accentue le phénomène du chômage massif.
Le chômage doit être considéré comme une période transitoire avant de rentrer enfin ou à nouveau dans la vie active convenablement rémunérée. Cela n’empêche que, durant cette période, il ne faille profiter de cette occasion pour redéfinir un véritable plan d’accompagnement ou de remise à niveau des chômeurs par la formation. Seul cet axe doit être prioritaire. De même que les travailleurs actifs doivent disposer de plages libres afin qu’ils aient la possibilité de se former dans des métiers.
En ce qui concerne les travailleurs actifs, la Région et la Communauté française (si elle doit subsister) doit restaurer entièrement les droits au Congé Education payé. C’est par une politique de l’emploi et de réduction du temps de travail qu’il faut s’attaquer au chômage de longue durée.
Recours au crédit-temps. Le crédit-temps permet, temporairement, d’interrompre totalement ou partiellement la carrière professionnelle.
3. L’ Energie
Le prix de l’énergie est de plus en plus inaccessible pour un bon nombre de ménages. Quels seraient selon vous – hormis les économies de consommation que chacun peut faire au niveau individuel - les moyens , si ceux –ci existent, pour en baisser le coût ?
3. Energie
Chacun reconnaît que nous avons besoin d’une société moins dépendante en énergie et moins consommatrice en carbone. Sur ce point, la libéralisation des secteurs de la distribution et de fourniture d’énergie en gaz et en électricité empêche toute cohérence. En Belgique, on constate que la production reste aux mains d’Electrabel. Après deux ans, quel est le gain pour les ménages ? Rien. Alors qu’il faut consommer moins, les distributeurs offrent des tarifs plus intéressants pour les gros consommateurs. Paradoxe, alors qu’il fallait maîtriser les coûts en amont et en aval, les prix de l’électricité ont explosé. (En RW, l’organe de régulation est la Cwape).
Selon la déclaration de politique générale de la Région Wallonne « Tous les citoyens, sans distinction de condition sociale, doivent avoir accès à une énergie de qualité à un prix abordable ». Cet objectif n’a pas été rencontré et les poses abusives des compteurs à budget foisonnent. La Région wallonne s’est limitée à agir pour l’utilisation de l’énergie (URE) de façon contestable, par des primes et des réductions d’impôts qui se sont généralement logées dans des habitats achetés ou construits à la campagne, ce qui signifie pour l’essentiel des 4 façades qui ne sont pas les plus économes en énergie. Par conséquent, ces primes et réductions d’impôts ont bénéficié aux ménages les plus aisés. De plus, la RW a axé sa priorité sur les panneaux photovoltaïques par des aides financières alors qu’il fallait mettre en premier ordre l’isolation des habitations et des bâtiments publics. Quid des logements sociaux construits dans les année 70-80 équipés de systèmes de chauffage électrique ?
Idéalement il faut parvenir à ¼ d’énergie renouvelable en 2020. L’éolien représente déjà 1% de la production énergétique. L’effort doit être renforcé.
Pour l’immédiat nous proposons :
En amont
· de regrouper les gestionnaires de réseau en un seul organisme afin de mieux répartir les coûts de gestion sur l’ensemble des consommateurs wallons.
· Que la RW investisse davantage dans l’énergie éolienne (actuellement 214 éoliennes) et dans la gogénération.
En aval
· d’instaurer un système de tarification progressif par pallier dont le premier commence par un tarif plancher pour les petits consommateurs (1000 ou 1200 Kwh/an).
· L’abandon des compteurs à budget pour les habitats chauffés à l’électricité et offrir au consommateur l’accès au tarif social.
4. La redevance Télé
Pourquoi la Région Wallonne ne parle de supprimer la redevance télé qu’en 2013 (mais cela ne reste qu’au niveau d’une intention !) alors que les Régions Flamandes et Bruxelloises l’ont supprimées depuis un certain temps ?
5. Le logement
Comment peut-on réagir pour faire face à l’explosion des prix des loyers tant au niveau de la location que dans l’accès à la propriété ?
5. Le logement
C’est un de nos chevaux de bataille depuis des décennies. Actuellement, il y a environ 20.000 logements (certaines sources parlent de 13.000) inoccupés à Bruxelles et 50.000 en Wallonie alors que la demande en logements est équivalente. On connaît la loi Onkelinx qui devait permettre la réquisition des bâtiments abandonnés mais cette loi est inapplicable. Le Plan Daerden d’un milliard d’euros dégagés en 2005 a été appliqué à des logements déjà occupés.
Nous avons eu l’occasion des rassembler les acteurs de terrain sur le problème du logement lors de débats, des colloques (Espace citoyen).
Le but est de rénover ou de reconstruire sur les sites 5.000 logements par an en Wallonie sur une période de 10 ans et de mettre sur le marché des appartements de 50 m² pour un prix d’achat avoisinant les 51.000 euros ou un loyer n’excédant pas 350 euros/mois. C’est aussi un moyen de lutter contre les garnis à prix prohibitifs.
Notre proposition est que ces rénovations ou reconstructions soient menées par les pouvoirs locaux et coordonnés par la région. Cela ne pose pas de problème pour les bâtiments publics. Pour les propriétés privées, c’est différent puisqu’il faut disposer d’ un droit réel sur le bien. C’est contournable en en confiant la gestion aux agences immobilières sociales (AIS). Pour disposer des bâtiments, il y a encore la réquisition douce qui est inscrite dans le code wallon du logement. Par conséquent la commune peut perquisitionner après une mise en demeure au propriétaire. Le bien lui est restitué après rénovation et amortissement par les locations.
Pour la question du financement, bien que nous ne soyons pas favorables aux fonds
de pension et que nous sommes attachés au système de pension par redistribution et non par capitalisation, ces fonds existent et on peut les considérer comme de l’épargne populaire. La gourmandise de ces fonds qui exigeaient il y a plus de 10 ans des returns de l’ordre parfois de 15% avait déjà été refroidie par l’affaire Enron aux US et
encore plus depuis cette crise. L’idée est de collecter 10% de leur capital qui était estimé à environ 1,9 milliards avant la crise (à l’heure actuelle ?) pour un rendement avoisinant les 3,8%. Pour les garantir, il faut que la région s’endette mais il y a les critères de convergence
(et notamment : le rapport entre déficit public et produit intérieur brut doit être inférieur à 3 %;
- le rapport entre dette publique et produit intérieur brut doit être inférieur à 60 %;
- le taux d'inflation ne doit pas dépasser de plus de 1,5 % celui des 3 pays ayant la plus faible inflation.)
Ces critères sont plutôt lâchés par l’Europe à cause de la crise. La région peut se doter d’une banque publique collectant l’épargne et s’en servir. Il y a lieu de solliciter la société wallonne du logement, les acteurs sociaux , le secteur privé et la banque européenne d’investissement (BEI) (son président n’avait pas émis d’objection sur ces propositions (Philippe Maystadt)).
Retombées : l’accompagnement d’un chômeur coûte plus de 25.000 euros/an à l’Etat. Investir 50.000 euros dans la construction c’est 1,2 emplois sans compter les gains écologiques. La plupart des logements à restaurer se situent dans les centres-villes et en périphérie. Un accord de redistribution entre l’état fédéral et les régions peut être envisagé.
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